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30 octobre 2007

Job, hais-tu, diantre ?

Hum, qu’il est vilain ce titre, je vous l’accorde.

Ah ces jobs étudiants ingrats, ceux qui sentent la frite, le raccrochage au nez, le froid aux mains et les tenues peu chatoyantes…

Je ne vous ai jamais parlé de mon métier, ma passion, mon rêve, finalement l’accomplissement de ma vie : je suis colporteuse pour le journal Direct Soir. Les parisiens me haïssent déjà, et oui nous sommes peu aimés : à la sortie de votre métro ou de vos RER, avec nos tenues affreuses et notre casquette rouge, nous vous mettons le journal gratuit dans les mains en criant « direct soir premier gratuit du soir » (ou « HEY POUR UNE FOIS Y’A UN TRUC GRATUIT A PARIS PROFITEZ EEEEN » ou encore « MAIS PRENEZ LEEE YA UN SUDOKUUUUU » voire « DES FEMMES NUES A L’INTERIEUR » quand on est vraiment désespérés).

On doit croiser au moins 5000 personnes en 2h de travail, tous les soirs, autant vous dire qu’on en apprend beaucoup sur la nature humaine.

Moi je travaille en plein centre de Paris, sur la rue de Rivoli. Je m’imaginais déjà, insultée par tous ces vilains parisiens malpolis, et bien que nenni. Les parisiens sont plutôt majoritairement agréables et polis, un vrai choc.

Ce taf est finalement pas mal, à vrai dire on fout pas grand-chose, on rencontre des gens, on rigole, le seul truc chiant c’est le froid et la pollution qui te crame le nez.

Et les mains noires d’encre au bout de 2h. Et le fait que pour les créateurs des pantalons Direct Soir toutes les filles font du S (Ah ce petit regard désolé du chauffeur quand il vous tend une taille homme en zieutant vos grosses fesses flasques).

Par contre les journées se ressemblent énormément, en 1 mois et demi de taf, voici les statistiques :

- 750 000 personnes croisées

- 30 000 journaux distribués

- 24 276 mercis

- 32 562 Non mercis

- 254 « Merki » façon Elie Semoun

- 89 417 fois superbement ignorée

- 5 139 clins d’œil

- 47 «non, moi je lis les vrais journaux »

- 7 « Votre journal c’est de la merde, vous devriez avoir honte »

- 98 « Je vous le prends mais seulement si vous me dites où se trouve la rue Machin » (Bien entendu je les ai tous envoyé dans la mauvaise direction sans aucun scrupule AH AH AH)

- Dans le style « self-interflora », 254 «  je vous le prends mais c’est parce que je suis sympa »

- 3 « Vous aussi vous êtes gratuite ? » (Gentlemen dans la place – Penser à ne pas dire « non », puisque 2 sur 3 répondrons « Ah bon c’est combien alors ? » avec un air salace). Une variante aussi avec « c’est vous qu’on doit prendre ? » puisque sur le chariot il y a écrit « prenez moi » GNH.

- 15 Pipoles plus ou moins fameux croisés :

1. Jack lang, qui se foutait complètement du Direct Soir, préférant se diriger vers les jeunes tecktonickeur.

2. Arthur H, intrigué par le Direct Soir, est passé deux fois en me regardant bizarrement. J’ai pas osé lui dire « Un direct soir Monsieur H ? » ayant trop peur de me tromper « Un peu de H monsieur direct ? ».

3. Le sosie officiel de Jude Law en jeune qui après avoir fumé sa clope près de ma sortie de métro a pris mon direct soir en me faisant un clin d’œil et un sourire qui furent le commencement de mon doute d’orientation sexuelle.

4. Lio qui se la pétait

5. Alors que je baillais vaillamment, lui, mon idole, celui qui a interprété mon double masculin : JEAN CLAUDE DUS, Aka Michel blanc, passait devant moi. J’ai pas osé allez faire la lourde.

6. Samy bouajila, qui marche très vite (oh l’anecdote croustillante de folie)

7. Le mec qui jouait le ptit garçon relou dans le film 9 mois (« mon père est un connard !! »)

8. Une actrice de téléfilm dont le visage n’est inconnu pour personne, toujours dans des rôles de gentilles mais bon j’ai pas pu trouver son nom. En tout cas ce ne sont pas des rôles de composition,elle est très gentille, elle a un cabas a roulette avec des poireaux dedans, et elle s’est arrêté pour prendre mon journal (2eme anecdote croustillante de folie, je te gâte, lecteur avide de potins)

9, 10 et 11. Le même jour, un nid : Fabrice Eboué (très sympa) Claudia et Amelle Chahbi du Jamel Comedy Club.

12. Après deux semaines sans star, c’est Robinson Stevenin qui vint me sauver de la dépression, un jeudi soir.

13. Eric, un sombre crétin d’une édition de l’île de la tentation (j’aurais pu avoir très honte de l’avoir 667f30cdd7044e0c5d5339e29b83f05e.jpgreconnu et ne rien dire, mais je ne suis pas comme ça. D’ailleurs on peut difficilement le compter comme un pipole, en considérant que je dois être la seule personne sur terre à se souvenir de ce mec, donc je ne vais pas le compter. Par contre je mets sa photo, comme pour m'auto-flageller.).

13. La jolie fille des pubs de maquillage/deo Bourgois actrice de téléfilm aussi

14. Maiwenn Le Besco

15. La moche rousse copine de Lindsay dans la dernière saison de l’île de la tentation

- Deux cadeaux reçus (des dragées très chères d’une dame du style Amélie Nothomb exubérante, et un porte-clé Eden Park d’un charmant jeune homme qui avait pitié de moi sous mon parasol lui-même sous des trombes d’eau).

- 4 bises surprises en provenance de deux personnes différentes (dont un seul a jeun)

- Un mec (ah ah soit disant tu draguais pas hein !).

Bein ouais, comme dans les films, une fifille au physique ingrat et à la tenue moche distribue des journaux, un jeune homme en prenant son journal vient discuter comme ça, par hasard, puis il revient le lendemain, et aussi le surlendemain, il reste avec elle qui distribue ses journaux. Puis il finit par l’emmener au resto, tout bien habillé en bogoss, et lui offre une rose (sans faire la blague « non merci on a déjà baisé », encore que, j’aurais ris, vous me connaissez). Il prend même le menu végétarien par respect pour moi (oooh).

Et pis bein voilà quoi, même moi je ne peux résister à ça, j’ai donc fini par plonger dans cette affreuse déviance qu’est l’hétérosexualité. En contrepartie, comme il est conciliant, lui est devenu non fumeur et végétarien.

Comme quoi hein, quand chacun y met du sien… (Et arrêtez d’imaginer que je suis une femme castratrice et dominatrice, je ne lui ai rien demandé, c’est pour ça que c’est encore meilleur).

Moralité, les jobs étudiants c’est pas si mal. Cela dit méfiez-vous quand même : si vous le pouvez restez donc des feignasses et rackettez vos parents en restant vautrés dans votre canap’, le plus de temps que vous pourrez.

13 octobre 2007

Lose chronique

On a coutume de dire que la première fois on sent jamais grand-chose.

Moi la première fois ? Pas du tout stressée.

3 Jours avant, j’étais super zen. J’avais confiance en moi et en mes presque 70h de pratique (je parle de permis de conduire là, vous avez compris hein ?).

Flashback

« AAAH PUTAIN JE VEUX MOURIR QUELLE VIE DE MERDE JE VAIS LE RATER PUTAIN DE MERDE FAIT CHIER CHIER CHIER JE SUIS QU UNE MERDE »

- Elodie, arrête de ronger les rideaux avec tes dents !! Ils sont tout neufs !!

- *BAVE* IL ME FAUT DU SUCRE PUTAIN MAIS TA GUEUUUUULE TA GUEULEEE ET VA CHIER AVEC TES GATEAUX BJORG DE MERDE QUI PUE LA GRAINE DE MERDE JAI BESOIN DE SUCRE BORDEL CONASSE MERDE MERDE MERDE »

Courageuse, L., repoussant sa fille à coup de pieds, attrapa agilement ces divers ustensiles de cuisine. La maligne avait plus d’un tour dans son sac.

« Elodie, regarde, je t’ai fais un far breton, NON TE T’APPROCHE PAS, je le pose là, sur la table, et je ferais trois pas en arrière, seulement là tu pourras l’attrap… »

La jeune fille bondit sur le gâteau, tel un Kate Moss sur un rail de coke, l’arrachant des mains de sa mère, et l’enfournant avec une disgrâce telle que cela aurait dégoûté le plus hardi des aventuriers.

« Burps » laissa s’échapper la jeune fille, affalée sur le carrelage, après quelques petites convulsions et une série de TOC.

« T’es chiante hein, c’est toujours pareil quand tu passes des examens. T’as pas pris ton sédatif PC hein ? »

« Gnnh. Je t’avais dit d’acheter des schokobons, bien fait ! »

*Crise de larmes* 

« Heu t’as quand même près de 70h de conduite là…tu devrais y arriver quand même… »

« AAAAAAAAAAAAAAAAAH Le liquide de refroidissement est un liquide utilisé dans un circuit fermé dans le but d'évacuer des calories créées sous forme de chaleur. Le plus souvent, il s'agit d'eau avec un additif permettant d'augmenter la température d'ébullition et/ou d'augmenter sa résistance au geeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeel ».

*Elle saute par la fenêtre et court à son auto école pour deux heures de conduite.*

La veille, rentrant du taf.

« CALME TOI, arrête de stresser », me dit ma mère, en me lançant des kinders shokobons à la face.

Mon moniteur m’a dit un « moui, mouaif », en me disant « à bientôt » alors que ce sont mes dernières heures avec lui. Il sait donc que je vais le foirer. Gnnh.

Le jour J

Après avoir fait trois fois pipi et pris la double dose d’homéopathie anti anxiogène, je me rends à mon autoécole à l’heure H.

Bien sûr ils te disent de venir 30 min trop tôt, histoire que tu stresses bien contre un mur sans pouvoir t’asseoir (tout ça pour que tu retires la peinture du mur avec les ongles, pour qu’il paye moins cher la rénovation)

« Alors élodie, c’est bon t’es zen ? » vient distraitement me demander mon moniteur. Je réponds oui en cachant ma plaquette de calmants.

On roule vers le lieu d’examen.

On arrive sur le lieu d’examen.

On attend sur le lieu d’examen.

On attend sur le lieu d’examen.

On attend sur le lieu d’examen.

Je fais un sudoku sur le lieu d’examen.

Toujours rien sur le lieu d’examen.

L’examinateur ne viendra jamais (CONNARD DE FONCTIONNAIRE). Mon opinion des examinateurs de permis deviendra alors primordiale dans la suite des évènements.

Je rentre chez moi, j’ai perdu une journée de salaire, une journée tout court, et le stress ne peut même pas retomber.

Je suis une poisseuse internationale.

Un mois plus tard, le (deuxième) jour J.

Trop occupée en ce moment pour être stressée, élodie arrive nonchalante à son auto-école. Bien sur un mois s’est écoulé sans conduire, elle a perdu toute l’assurance qu’elle avait acquise à la sueur de son porte monnaie (et de celui de sa mère, les deux étant moribonds après 70h de conduite à payer).

« Vite, il faut partir pour l’examen » me hurle la secrétaire dans les oreilles, non sans avoir arraché de mes mains le dernier chèque des heures de conduites (Elodie cherche petits travaux divers, ménage, voire fellations rémunérées pour renflouer ses caisses).

Assommée par mes cachetons anti-rhume, je regarde la route, et visualise mentalement les alentours de Bobigny, là où je passe mon examen.

Tiens, un panneau directionnel pour Domus, le grand centre commercial juste pour la maison et la déco qui se trouve à Rosny Sous Bois, tiens, là où il y a des examens de conduite là aussi, quelle coïncidence…

QUOI ??? L’EXAMEN IL EST À ROSNY ????? PUTAIN LA CONASSE DE SECRETAIRE ELLE M’A DIT BOBIGNY !!!!

J’AI PAS CONDUIS À ROSNY DEPUIS DES MOOOOOOIS !!!!! Y’A PLEIN DE DEMMARAGE EN COOOOOOOTE !!! JSAIS PLUS OÙ SONT LES PRIORITES À DROOOITE ET LES SENS INTEEEERDIIIIIIIITS !!!

Je veux mourir.

« Mais non mademoiselle, quand on est prêt on est prêt, si vous savez conduire à Bobigny vous savez conduire à Rosny »

« OUAIS ET MON CUL C’EST DU POULET ??? J’VAIS ME PLANTER SA MEEEEEERE !!! »

Après une tentative de meurtre mentale de la secrétaire de l’autoécole, je reprends mes esprits.

Deux examinateurs arrivent, ils sont jeunes, échevelés, tout souriant, je les aime déjà, je suis sure que tout se passera bien.

Bien entendu ils sont pour les deux autres auto-écoles présentes.

Mon examinateur arrive en retard, il est physiquement un mix entre Yvan Attal et du pâté de foie Lidl. Il a probablement dû tenter plusieurs tentatives de suicide cette nuit, en tout cas il hait son boulot, il me hait déjà, moi et mon gras qui crie « cette fille aime vivre et elle a plein d’amis alors que toi t’es moche et examinateur du permis de conduire, pour qui la chose la plus précieuse est sa gold card de membre du club des amateurs de Star Trek ».

Je démarre, ça roule, je veux mourir. Tout se passe bien, il ne me regarde même pas alors que je fais des contrôles outrageux en tournant bien la tête comme une tarée.

« Oh c’est pas en face qu’il faut regarder là » lance t-il au bout de 5 minutes.

Il parle d’un ton très autoritaire. Je te hais déjà, Patédefoi Attal.

Je continue à rouler, toujours rien. A un moment je me fais klaxonner, je sais pas si j’ai fais une connerie ou quoi, mais lui il envoie un texto, normal. Fallait prendre ton ipod aussi coco, faut pas se déranger pour moi.

« HEY YA DES PIETONS LA, C’EST COMBIEN LA DISTANCE A METTRE EN VILLE ». Il touche mon volant. Déjà normalement c’est mort.

Bon c’était des vieux qui discutaient sur la route sans faire attention, ils ne méritaient pas de vivre, non ? Bon ça se discute en tout cas. En plus je suis sure qu’il y avait largement un mètre.

« HEY LES LIMITATIONS DE VITESSE EN VILLE CA VOUS DIT QUELQUE CHOSE »

« Ouais c’est 50 »

« BAH RALENTISSEZ !!! »

Bon voilà c’est le moment M, celui où mon cerveau ne répond plus, c'est-à-dire quand on me crie dessus.

« VOUS ARRIVEZ TROP VITE LA VOUS ETES A PRESQUE 60 !!! » et bam, il appuie sur le frein comme un taré.

AAAAAAAAAAAAAAAAAH MAIS TA RACE PATÉDEFOI ATTAL ON EST DANS LE NEUF TROIS ICI SI TU ROULES A 50 T’ES MOOOOOOOOOORT !!!!!!!!

En fait il m’a bien répété 6/7 fois de faire gaffe aux limitations de vitesse, et mon cerveau 6 ou 7 fois il l’a pas écouté.

Il a même demandé après en tête à tête à mon moniteur si je le faisais exprès. Bah non je le faisais pas exprès Patédefoi, mais moi quand on me hurle dessus je ne réagis plus, j’attends que ça passe, et je sifflote du Philippe Risoli (« cuitas, les bananas, découpées en dos, les patatos »).

Bon peut-être qu’inconsciemment je t’ai haïs dès le premier regard, et j’avais envie de mettre la voiture dans un mur, en freestyle, je sais pas. Mais bon merde qui roule à 50 ? D’ailleurs des gens me doublaient tous le temps.

Remarquez qu’il a fermé sa gueule sur l’autoroute ce con. Mais rater son permis parce qu’on roule trop vite, c’est vraiment super la loose.

Oui vous me direz « t’avez qu’à freiner, conasse », mais si vous aviez croisé Patédefoi Attal, vous comprendriez, on n’a pas envie de rester longtemps dans une voiture avec un type pareil.

Bon oké je sais pas encore conduire prudemment je vous l’accorde. D’ailleurs Patédefoi a filé son permis a l’autre mec qui était avec moi (22h de conduite, lui, mais qui conduit depuis qu’il a 15 ans gnnh comme quoi ça paye d’être hors la loi), donc j’aurais pu l’avoir.

Jojo voulait retrouver Patédefoi Attal et plastiquer sa voiture (note pour plus tard : ne pas raconter à son copain moitié sicilien qui arrête de fumer que quelqu’un nous a embêté). Bon finalement, c’est moi qui conduit comme une fofolle, même l’autre examinateur, à la limite du fraggle, presque sifflotant du Manu Chao avec un bédo dans la main, ne me l’aurait pas donné non plus.

Bon c’est pas grave, qui a son permis du premier coup de nos jours hein.

PS : Vends rein presque neuf, et bout de foie de végétarienne tout frais, à saisir.

08 octobre 2007

Coming In

Je sais, vous l’espériez tant au fond de vos petits cœurs, la narration de ce moment lourd et embarrassant, où on se lance dans l’inconnu pour avouer à sa maman qu’on aime bien le frifri (Définition de frifri selon le dico Hellmanesque : le truc qu’ont les filles, contraire de zouzou, ce truc qu’ont les garçons que les filles n’ont pas (heu…de la barbe ?)).

Bon bref, un jour je me disais que j’aurais une histoire complètement mirifique à raconter sur mon coming out à maman, où elle serait tombée dans le coma sur le carrelage de la cuisine après avoir écrit sur les murs « JE NE SERAIS JAMAIS GRAND-MERE POURQUOOOOOOI » avec de la sauce au curry.

Puis elle se serait relevée en demandant si Samuel Etienne aussi était gay (oui je fais ça juste pour avoir du monde sur mon blog grâce à google).

Après tout y’a encore des gens qui croient que l’homosexualité est synonyme de grosse secte où tout le monde se connaît, où on est stérile et où on a des rôles prédéfinis («  Roger ma tulipe, vendredi c’est toi qui fait la fille, Amélie, ma puce, pas de baggy aujourd’hui c’est moi qui fait l’homme »), donc je sais pas tout est possible, encore que ma mère ne soit pas complètement conne (je sais j’ai trop regardé l’émission « Tabous » et je suis tombée de mon lit d’effarement ).

Bref, après quelques soirées d’affilée à déserter la maison et à rentrer tard le soir, mamounette arrive en trombe dans la cuisine, le cheveu hirsute et l’air complètement débile.

Elle me regarde fixement avec cet air crétin, en ne disant rien, elle me regarde manger mon sveltesse au caramel OH MON DIEU COMME C’EST RELOU D’HABITER CHEZ SA MERE APRES 20 ANS.

« Bah alors hihi, avec qui t’étais »

« … »

« Bein tu peux mle diiiiire »

C’est le signal S, mamounette est prête à recevoir un coming out en pleine tête en bonne et due forme a 00.45 dans la cuisine, le signal 1-S étant le jour où elle vous a dit «  ah lala quelle brêle tu es en cuisine, t’as intérêt à te trouver un cuisinier…ou une cuisinière… ».

« Mais alleeeeez tu peux mle diiiiire »

« Avec…mon copain ».

ENORMISSIME SILENCE DE 10 SECONDES.

« Hein ? »

« Bein mon copain quoi, tu le fais exprès ? »

« … »

Bon bah voilà, ne faites pas d’enfants, ils seraient foutus – après que vous ayez procédé à une auto thérapie d’acceptation de leur éventuelle homosexualité depuis plusieurs mois – de revenir à l’hétérosexualité, juste pour faire chier.

Oh je sais ce que vous pensez hein, elle nous a trop fait chier la gueule avec ses histoires de lezbrouf et de coming out, pour maintenant sortir avec un mec. Ce que vous pouvez être conventionnel, c’est incroyable. Je ne choisi pas sur qui je flashe, merde.

Et pis je vous emmerde tiens, je suis végétarienne, je peux bien être bisexuelle non, c’est fou ça !

Bon en tout cas pour le coup j’ai fait ma rentrée des classes hétérosexuelle, en réitérant le coming in à Riri et Babe mes compagnonnes de M1 rescapée en M2.

Comme la vie est un cliché et qu’aujourd’hui la rentrée ressemblait à un sitcom, le seul nouveau de la classe potable il s’appelle Kévin et il a une ptite barbe de 3 jours sexy.

Après les vannes normales d’usage (« y’a vraiment des parents cruels » « Ca existe vraiment ce prénom ? » «  Mais non allez ça doit être le prof qui fait une blague, personne ne s’appelle Kevin aujourd’hui, où en tout cas personne ne l’avoue »), on a bien passé 4 des 9h de cours à disserter sur ses poils, ses fesses musclées, et son épilation du torse (attention Riri soit disant elle mate pas mais elle arrive à distinguer trop de détails pour être honnête).

Bon comme je suis juste une fille trop sociable fashion trop sympa kikoolol, devinez qui vient m’interpeller au RU, entre les entrées et le fromage qui pue, avec classe, pour avoir la permission d’acquérir le privilège incommensurable de partager notre table ? et bien Kevin bien sûr (prononcer « ain » comme pain, sinon c’est pas supportable).

Babe et moi on est en couple (ouuh ça fait chelou de dire ça, fusillez moi de suite) l’équation devient donc simple : RIRIIIII + KEKE = (L) !!!!

Il est très bien ce garçon pour toi Riri, et je dis ça même s’il a lâché un énormissime missile nucléaire de postillon qui a atterri dans mes pâtes, alors qu’il nous contait diverses choses (1er fou rire contenu de la journée, je sais pas comment j’ai fais c’était surhumain).

Journée forte en émotion donc, surtout en comptant le deuxième fou rire impossible à contenir en plein cours (la fatigue, un informaticien de prof complètement à l’ouest et dopé à l’htlm et qui fait des blagues sur le MS-Dos assez puissantes pour provoquer le suicide et sans se rendre compte que personne ne bite rien) et le troisième, lorsque, calme et concentrée, j’attendais de recevoir les consignes d’Administrative Woman, la femme qui a le moins d’utilité sur cette planète : et là, subrepticement,avec un ton sérieux à la limite du solennel, Riri me glisse, alors que je suis bien en face de la dame : « Dis donc, elle aurait pas un ptit air de famille avec Jabba dans star wars ? ».

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Et oui, c’est ça aussi la fac, rire comme des grosses dindes et faire des vannes de vilaines puputes.

C’est parti pour la dernière année d’études !

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