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21 février 2008
Hanche en plastique Mood
Ne me demandez pas comment, mais me voilà un vendredi soir sur le bateau « le concorde Atlantique », l’un des plus gros Yacht de Paris pour une soirée spécial célibataire pas chère, dégotée par Sion le roi du dancefloor. Il a donc fallu mon dernier cours à l’université pour que je me mette à sortir en soirée de djeunz, je reconnais bien là mon coté peu logique.
Après avoir fait un Paris by night de folie pour cause d'un GPS (ou d'un conducteur) qui fatigue dans la polo taxi de sionnet, ce dernier, foufou, yanou et moi même retrouvons linlin et son amoureux fraîchement débarqué de sa Bretagne natale pour le week-end.
En warriors radin (pauvres) nous refusons la dictature du vestiaire et entassons nos sacs/manteaux dans la voiture.
Nous voilà dans la file d'attente, j'ai l'impression d'être non pas vieille - mais carrément en décomposition. En apercevant un djeunz devant nous coiffé comme un tokyo hôtel, je me demande si tout ça est bien raisonnable. Ne serait-on pas mieux dans une soirée verveine scrabble? (Ulpia ne t'excite pas, c'est une blague, je t'interdis de lancer les invitations pour un samedi soir scrabble party avec les poetic lovers en fond sonore).
Je ne sais pas ce que vous vous y imaginiez d’un « yacht », mais bon j’ai du trop regarder Alerte à Malibu et la croisière s’amuse : l’endroit s’apparente plutôt à un rafiot pourri qui pue l’essence et le graillon (merci le coin restauration ou plutôt coin cancérigène), et c’est pas immense. Je réfléchis sur l’aptitude la meilleure à adopter (bordel je pense comme une psychorigide).
Allez, faisons fi des convenances de la night, de toute façon je ne les connais pas. Vous savez moi alors que ma soeur faisait allègrement le mur tous les vendredi et samedi soir, je rêvais de passer mes soirées dans une fosse pleines de miasmes putrides et d'odeur de vomi de bière et d'aisselles. Je goûtais aux joies du pogo, habillée n'importe comment en rentrant dans le lard des gens (oui bon hein chacun son adolescence perturbée). Bref moi je faisais des concerts, et même si personne ne m'a jamais mis une tronçonneuse sous la gorge pour me demander de choisir, en conséquence je n'allais pas en boîte mover mon body. Parce que j'avais pas de fringues de filles, et parce que moi je me lève tôt le dimanche pour courir, bande de fifrelins.
Peu importe, on ne crache pas sur une petite soirée avec ses amis. Il est à préciser que Yanou et moi ce soir sommes célibataires, nos moitiés n'ayant pu venir pour de sombres raisons ("j'ai un examen blanc pour le concours d'avocat", "j'aime pas les boîtes et je dois aller fumer du shit faire de la guitare avec mon best").
Autant tenter l'expérience sociologique jusqu'au bout: nous sommes invités à mettre un bracelet rouge si on est en couple, vert si on est célibataire et bleu si on est des "moussaillons coquins et coquines".
"Hihihihi snurf pouf, Yanou t’es pas cap de mettre un bleu pour déconner?"
"ouh ouh ouh ok mais t'en prends un toi aussi"
(oui on a 12 ans d'âge mental)
On arrive donc sur la péniche, j'ai le droit à une bouteille gratos parce que je suis née en mars (sympa un anniversaire 1 mois à l'avance). Pas encore minuit, pas encore d'ambiance, la musique est à chier, heureusement c'est open bar.
Par contre l’open bonbon promis sur le flyer est apparemment différé (j'avoue j'y suis allée que pour ça), malheureusement à ce moment là on sera sur la piste en sueur, alors du coup t'as plus soif qu'envie de sucré.
Minuit passé l'ambiance monte un peu, nous profitons du dancefloor sur du son tout pourri des bois et de ma bouteille de champ’ gratuite. Heureusement le quart d'heure funk arrive. Pendant ce temps le barman libérait petit à petit les fameux bracelets de couleur, des rouges pas fun pour commencer. Bientôt au fur et à mesure de mes chorégraphies "fourmi in ze slip", des fournées de bleus arrivèrent.
Ouaiiiiiis, des bracelets de chaudaaaaasses, je veux! Bien entendu je pensais que comme moi, personne ne prenait cette histoire de couleur au 1er degré.Je me trompais lourdement.
De jeunes puceaux matt pokoré arboraient fièrement et avec espoir la couleur de la luxure - maintenant un jeune homme de 16-18 ans qui va en soirée, pas besoin de plus d'indices ni de bracelets bleus pour savoir qu'avec son taux d'hormones il se taperait même un tabouret au bar.
Retour sur la dinde frisée et ses chorés approximatives sur le dancefloor (moi donc) toute contente avec ses bracelets et son collier bleu fluo. Stupeur, voilà qu'un ribaud vient agilement s'immiscer entre moi et mes amis pour me lancer des regards langoureux - tenez-vous bien - en me faisant le playback de la chanson qui passait avec une interprétation digne du Gérard du meilleur kéké la lose 2008. Surtout: une haleine à décoller tout le papier peint d'un Novotel de province et à déprimer le chien du gardien.
Que faire dans ce moment de solitude intense. Et bien figurez vous que je n'ai pas la réponse. Champagnisée, j'arrivais pas à réfléchir, sans compter que mes amis ces traîtres m'ont lâchement abandonné en riant oui riant de ma situation embarrassante.
Une chanson passe, j'envoie des regards de détresse à Foufou, ma meilleure amie, et Yanou, mon meilleur ami.
MEILLEURES RACLURES DE BIDET OUAIS, pas un pour relever l'autre, personne ne vient m'aider.
Une deuxième chanson en compagnie de l'énergumène. Notez que pas une seconde je n'ai pensé à tout simplement me casser - et pourtant dieu sait que j'ai pas de problème à faire ça dans la vie.
Pire, le kéké commence à tenter de communiquer
- Tsé....en fait...shhhh...dit rien mais en fait ça fait que trois ans que je sors en boîte.
- Heu. Oui. Très très bien. C'est parce que tu es jeune peut-être.
- Tsé mon frère il était videur *hips*, alors je rentrais mais *zjeoaln jeuhgu gniark frum vlzeu* et en fait ça se piquait *mouarf skrunch* héroïne.
- Très intéressant.
- Au fait je suis pas jeune, c'est mes 24 ans dans une semaine.
- Ouais et mon cul c'est du poulet *toi aussi utilise les expressions ringardes avec la jeunesse*
Il me montre son permis, il a effectivement le même âge que moi, plus fort il est du même signe, wouha je suis amoureuse (nan jdéconne).
Bon sinon je me rappelle plus comment mais j'ai réussi à m'en débarrasser (il a du coller au cul d'une fille plus réceptive).
Toujours du son pas terrible, mais bon je danse toujours (on est là pour ça oui ou merde). Un deuxième gros relou a repéré mes 5 bracelets bleus (oh la cochonne sur qu'elle avale, et même les poils - ah ah je suis immonde, mais je ris, je ris quand même). Il danse derrière moi en me regardant avec insistance, la tête complètement tournée vers moi. J'ai du mal à contenir mon rire et je tente par 157 stratégies possibles de l'éviter, tout en essayant de virer ces maudits bracelets bleus.
La saloperie a du métier, il réussit à passer à coté de moi, et me caresse l'avant bras (normal, on se croit chez mamie).
- Tu veux danser avec moi?
- Non (bah tu vois coconne quand tu veux)
- Allez, juste une danse
- Non, je suis avec mes amis là (BORDEL DE MERDE)
- (super agressif) Bah tu peux rester là où tu es pour danser
(Ouais et si tu veux tu sors de la péniche, et tu imposes ton style sur le parking, mais on dira qu'on danse ensemble gnnh)
- J'AI PAS ENVIE (et accessoirement tu ressembles à un steak ED de 35 ans en promo passé sous les roues d'un 16 tonnes)
Enfin, il a fallu tout ce temps pour que je récupère mon mojo vilaine pupute qui rembarre les lourds (non pas que ça m'arrive souvent, je ressemble moi même à un steak lidl périmé de 24 ans en promo passé sous les roues d'un 16 tonnes, mais justement, ils sentent le point commun et attaquent, pensant que je suis désespérée, les porcs).
Finalement, il fallait un drame pour conclure la soirée.
Yanou - à qui on ne devrait pas confier des objets interdits aux enfants de moins de 36 mois - a réussi à se foutre le produit fluo à l'intérieur des bracelets dans l'oeil (me demandez pas comment, nous étions tous circonspects, j'espère simplement que ce n'était pas une tentative de suicide compte tenu de la pourriture de musique).
Notez d'ailleurs qu'à l'intérieur ça fait comme des ptites boules, et qu'il en avait plein le nez - l'espace d'une seconde j'ai cru qu'il avait fait sa kate moss sur le rebord d'une table.
Mon haut et celui d'audrey foutus,c'est pas grave, mais yanou lui a réellement besoin de son oeil droit. Nous sommes donc rentrés sagement chez nous, malgré que la deuxième salle au bon son cette fois venait d'ouvrir.
Je savais bien qu’on était trop vieux pour ces conneries (tiens ça me rappelle un film).
14:47 Publié dans Ma vie de merde | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : soirées, paris, soirées parisiennes, discothèque, concorde atlantique, drague, rateau
14 février 2008
Presque même pas honte...
Entre Nip tuck qui arrive sur la fin de saison, prison break que j'ai laché pour cause de pourritude et de tournage en rond, les sous titres de L word qui peinent à arriver sur la mulasse (d'ailleurs la fille qui traduit parle anglais comme une vache espagnole, des fois c'est vraiment freestyle du cul ses trads- mais bon me direz-vous, si t'es pas contente tu regardes sans sous titres, conasse, mais je comprends rien à ce que dit Shane et son articulation de merde),Californication qui est bof, et desperate qui a été écourté.
Je me devais de trouver un nouveau truc à regarder pour m'éviter le manque de séries. Déjà j'ai arrêté le sucre faut pas déconner non plus.
Mon choix se porte avec appréhension sur "Gossip Girl" , qu’on pourrait traduire par la fille qui potine. Je crains d'être un peu vieille, surtout considérant ma faible tolérance aux séries avec des jeunes dedans (étant équilibrée, je n'ai regardé Dawson que pendant la saison un, de mes 15 à 16 ans).
Donc ça se passe chez la jeunesse dorée de NY, une mystérieuse personne tient un blog où elle révèle au jour le jour ce qu’il se passe dans un petit crew de djeunz. Bien sur tout l’enjeu est qu’on ne sait pas qui est la grogniasse (ou le pétassou mais techniquement elle a une voix de fille et dit « Xo Xo » pour faire des bisous ah ah). Tous leurs vilains petits problèmes (acné, poil incarné, meutre au 3eme degré) sont mis en ligne et à la vue de tous.
L’histoire tourne autour de Serena : on apprend que c’était un peu la puputestar, tout le monde admirait ses cheveux blonds aux pointes impeccables, et gravitait autour d’elle (elle ressemble à une hélène de hélène et les garçons mais qui a une vie sexuelle).
Un jour dieu sait pourquoi elle s’est cassée dans un internat dans le connecticut (alcoolisme ? Vilainie envers sa best friend alors qu’elle a niqué avec son mec toute bourrée à un mariage ? herpes du cul fatal ?).
Enfin bon bref là elle revient en urgence parce que son ptit frère il a essayé de se suicider (oui la vie c’est pas facile quand on est un gros blindé). Enfin bon en même temps il est dans un hopital qui ressemble à un hôtel et il a l’air super heureux de vivre (à part qu'il se décolore les cheveux, et ça c'est un symptome inquiétant).
Alors donc nous avons Serena et Blair, elles étaient meilleures amies de la vie kikoolol mais Serena (alors qu’elle est gentille en vraie) elle a niqué son mec avec qui elle sort depuis la maternelle. Blair en fait elle le sait pas au début mais elle ne se remet pas du départ impromptu de sa copz (hey bitch, on devait aller chez Hermes !).
Le mec en question il s’appelle Nate et il est tout coincé du zizi (enfin sauf avec Serena bourrée au mariage), il moufte pas quand son papounet lui dit dans quelle université aller, c’est un peu un paillasson mais en beau. Il semble être amoureux de Serena du coup le con, alors que son destin tout tracé c’est avec la blair witch.
Le paillasson a un pote, et loi de la série américaine, ce pote c’est un méchant. Il s’appelle Chuck et il a une gueule de grosse truite morte : il cherche à mettre sa knacki dans toutes les sauces innocentes qu’il croise. Il est vilain et il fume de la drogue parce qu’il est rebelle.
Ensuite il y a Dan. C’est un geekou pas mal malgré son début de calvitie, et en fait il a des sousous (son père est une ex star du rock ringarde) mais il est moins blindé que les autres. C’est un gentil et il fait des ptites blagues ironiques. Bien entendu il est amoureux de Serena (décidément) depuis qu’un jour elle a daigné lui marcher dessus sans faire expres quand ils étaient au college.
Sa sœur à lui, jenny, rêve de rentrer dans le crew des puputes riches. Elle est un peu cruche et alors qu’elle a réussi à squatter dans une des grosses fêtes de ouf, y’a chuck qui essaye de lui fourrer sa knacki, et comme c’est une pauvre connasse, elle réussit à envoyer un sms à son frère pour qu’il vienne la sauver, lui casser la gueule et lui ébouillanter sa knacki – alors que toute fille normalement constituée n'aurait pas boudé son plaisir de lui écraser un tabouret Philippe Starck dans la gueule. Bref, le frérot lui casse la gueule, et apres il donne la main à Sérena devant tout le monde et là c’est le méga bouleversement dans leur vie de blindos, c'est la super niouz du siècle, qu'est-ce que ça aurait été si il lui avait mis une main au cul.
On apprend aussi que la mère de Serena connaît le père du geek et que dans leur « jeunesse » elle se faisait sauter dans le bus tour de nine inch nail puisque lui c’est une exstar du rock vous voyez, ce qui me parait un peu anachronique vu que NIN c’est les 90’s, que les parents ont la 40aine et les enfants bourgeois à peu près 17. Enfin bon, on peut certes niquer sous cocaine avec une rock star entre deux petits pots. Mais Pauvre Trent Reznor.
Dans cette série les filles sont connes et la virginité est sacrée, malgré qu’elles aient de la lingerie provocante à 500 EU sur le boule. Elles sont totales tributaires des parent, des mecs ou de leur apparence.
Dans leur fête à eux ils font des invit’, s’y rendent en limo en se saoulant de champagne et en mangeant des sandouiches aux truffes.
J’ai peut-être aimé ce premier épisode parce que le décalage avec la vrai vie est fun. Ca me fait penser à la polo de Sion où on a juste le droit de ne pas claquer la porte trop violemment, de s’attacher et de ne plus respirer jusqu’à la fin du trajet, alors bon pour les sandouiches on repassera ( Sionnet I love ta polo, un jour je te revaudrais ça en te taxiant dans ma twingo bleue).
Nous au lycée on prenait des pizzas à Pizza 3000 à la gare et les jours de gloire on avait assez de thunes pour acheter du coca. Sans doute pour ça que cette série est accrocheuse. Normalement c’est pour les jeunettes je suppose. Mais je craque.
J’ai un peu honte vous savez mais je sens que je vais m’enfiler toute la saison en moins de deux. Mais vous comprenez, je fais un mémoire sur les séries télé, c’est professionnel.
En tout cas si moi j’avais du être une gossip girl au lycée, je ne pense pas qu’on aurait tenue la série du siècle. Le climax de l’épisode aurait été de savoir si yanou allait encore squatter chez moi pour manger des pâtes ou si foufou allait encore foirer sa couleur.
Bon allez la vérité c’est surtout que j’étais presque une gossip girl moi-même au lycée :j’ai tchaté sur caramail (mon dieu je suis un dinosaure) anonymement pendant de longs mois avec le bogoss de ma terminale (alors qu’en vrai je lui disais même pas bonjour ooouh la loose). Il s’est avéré plus tard qu’en fait il savait que c’était moi depuis le début, mais n’empêche que j’avais des putains de scoop ragots sur lui à diffuser… Bon allez j’assume, après tout y’en a bien qui ont regardé cette salle version allemande d’ugly betty (« Le destin de Lisa ah ah ah ).
15:35 Publié dans On s'en tape | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
08 février 2008
Win win win
Statut ingrat mérite une place ingrate : vous devez effectuer un stage. Si les places au soleil sont difficiles à obtenir, plus inquiétant, les places à Mulhouse un hiver bruineux également. Entre le calvaire, l’expérience enrichissante et le putain de méga bon stage de sa race qui tue, de nombreuses possibilités existent.
La première chose à faire est de d’abord vous renseigner sur les offres existantes dans votre branche.
*Descendez donc de ce sapin mon ami, je parlais de votre filière d’étude.*
Puisque ma vie est votre source d’inspiration, que je suis votre fenêtre sur le monde (voire votre déesse) et que vous savourez l’existence à travers mes posts quotidiens hebdomadaires quand j’ai le temps, je vais m’inspirer de mon exemple et de ma filière trépidante qu’est la com’.
1. La phase de recherche
Une fois les divers studyrama, Iquesta, profilculture et tutti quanti épluché comme des patates en temps de guerre, vous avez sélectionné les offres de vos rêves. Vous devez maintenant montrer patte blanche (sans pour autant mutiler votre lapin nain). Votre lettre de motivation doit laisser entendre que vous êtes compétent, malléable, hautement exploitable, et qu’en plus vous serez content.
Ne révélez donc pas votre vraie nature de feignasse qui a triché à tous ces examens pour obtenir son diplôme, mais inventez vous donc des compétences imaginaires. A la guerre comme à la guerre, ils vous font bien croire que votre travail de stagiaire n’est qu’une crotte de nez insignifiante et peu ragoûtante, alors qu’ils se l’approprieront pour obtenir joie, succès et salaire exorbitant. Une fois engagé ils seront obligé de vous apprendre ces compétences que vous prétendiez maîtriser, et là votre stage aura été intéressant pour vous.
Mes lettres de motivation insipides et criant « j’avais la flemme », n'eurent peu de succès : mon téléphone ne recevait guère que les vilaines promos d’Orange, alors que mes camarades de classes croulaient sous les entretiens. Piquée dans mon ego – qui certes est petit mais existant tout de même - je me décidais à créer des merveilles de lettres motivations personnalisées. J’appelais le recruteur par son petit nom, je lui promettais des nuits de travail à 30% du SMIC, je me faisais passer pour compétente, travailleuse, fraîche et prête à me faire exploiter avec le sourire et dans la bonne humeur. La règle de la lettre de motivation : ce que vous savez un peu faire, ce que vous croyez savoir faire et ce que vous pensez que vous y arrivez , vous le regroupez sous le mot « bonne maîtrise de ». Par exemple moi j’ai une bonne maîtrise de photoshop. Et là tout ceux qui ont eu des cartes d’anniversaires personnalisées de moi s’écroulent de rire. Oui mais je vous signale qu’en général en stage c’est ballot, on ne vous demande qu’à retoucher/recadrer des photos grand maximum (et ça si vous savez pas faire c’est pas possible, c’est que vous êtes ma mère). Bon par contre si vous n’êtes pas sur de savoir faire, je vous déconseille de tenter le « je maîtrise le langage htlm, dreamweaver, le slovène littéraire et les modes d’emploi des montres ODM ». Vous comprendrez que je ne conseille pas non plus le gros mensonge pur et simple et le CV bidonné. Encore que, en général si on a la tchatche ça marche (je ne citerais pas de nom, hein Babe ?). Gardez bien à l’esprit que jamais personne ne vous demandera de justificatif, mais que mentir, c’est fatiguant et faut être bon. Sauf pour les diplômes par ailleurs, rajoutez vous allègrement un M1 de LEA voire un DESS en économie que tout le monde n’y verra que du feu.
Qu’en est-il du résultat ? Et bien après ma motivation jetée avec hargne dans les boites mails, voilà que mon téléphone vibre de tout ce qu’il peut.
2. La phase entretien
A un entretien il faut être habillé correctement, du genre classique sans en faire trop. Des années que le même problèmes revient : j’ai une garde-robe d’étudiante fluo et hystérique, ce qui m’allait bien jusqu’à l’année dernière, mais là je dois passer 6 mois à temps complet dans une entreprise. J’ai longuement tenté de repousser l’échéance, je refusais d’acheter des fringues sérieuses caca (les 10 kilos pris n’aident pas à la motivation shopping). Désolation, je n’ai pas une seule fringue classique, pas même des pompes de filles. Bien entendu, quand on a des entretiens le sarouel fluo et deux baskets non assorties ça le fait moyen. J’ai donc du investir à l’arrache, en perdition de repère de mode : du noir, du noir, des jeans, des pulls, mon premier haut gris (et ma première tentative de suicide mentale) chiant chiaaant cacaaaaa pourquoi le fluoo c’est pas classssse (enfin en tout cas sur une grosse). Des chaussures de filles noires, chiantes, sans talons. Je passe à un look grungyfluopopfoufou travaillé à un zero sens du look, je ressemble à une mamie creusoise dépressive. Je tente de sauver les meubles avec quelques bijoux qu’on m’a offert et que je sors d’habitude que pour le nouvel an. Une transition de look c’est pas super bon en entretien, non pas parce que le recruteur mate vos fringues (je pense que bon tant que t’arrives pas à poil sous un sac poubelle) mais parce que psychologiquement tu n’es pas à l’aise.
Entretien n°1
Stage d’assistante de rédaction et de production dans une agence de com’ djeunz cool et sympa. Le but est de en gros est de s’occuper d’un site qui contient des genres de…blogs de filles !!! Peut être aussi rédiger du contenu pour d’autres blogs sympatoches pop/fashion/culture/tendance.
Lieu : 40 min de chez moi (yeaah c’est pas beaucoup pour des banlieusards)
Rémunération : OH MON DIEU 750 euros
En plus : dites donc y’aurais pas moyen que je puisse rester en baggy ? Aurais-je fais tous ces frais pour rien ?
Mon feeling : je veux je veux je veux !
Entretien n°2
Stage de chargée de promotion chez SONY BMG
La croix et la bannière pour arriver au fin fond de cette banlieue et trouver le beau bâtiment high tech avec tout plein de plasmas à l’intérieur et deux blondasses à l’accueil. Roch Voisine sur un écran géant ça fait pas envie, je prends peur. On me dirige vers le 4eme étage, il y a plein d’Amel Bent en carton grandeur nature. Je veux pleurer. Trois Bridget Jones surexcitées m’accueillent dans leur bureau, ambiance « ouais tu vois » et tenue tendance de csp+, des minis jupes sur des maxi cuisses, des « ah ouais stephaaaane comme ça tu me dis même pas au revoir chiriiii » *hiiiiiiiii*
On m’assoit sur une chaise et les trois recruteuses parlent parlent parlent du contenu du stage, tout en faisant des interludes où elles discutent entre elles de la pluie et du beau temps entre elles (extrêmement déconcertant lorsque toi tu es là comme une coconne avec tes fringues de nouilles sur ta pauvre chaise). On me fait comprendre qu’en gros, j’aurais du taf perso (le même boulot qu’elles), et qu’en plus je devrais être leur assistante (c'est-à-dire faire le sale boulot chiant de rappeler les gens, faire les photocopies de merde, se faire engueuler, et ceci pour trois personnes attention).
Lieu : 1h15 de chez moi, l’enfer du RER
Rémunération : 300 euros pour le même boulot qu’elles, payées 2000 euros
En plus : une cantine d’entreprise, c’est toujours pratique. Bon j’avoue c’est le seul avantage que j’ai vu dans ce stage. En plus hein une maison de disques je crois pas trop que ce soit le bon moment gnh.
Mon feeling : Fuir !!!
Entretien n°3
Stage d’assistante chef de projet pour une boite qui produit du contenu et des sites web sur le cinéma/musique/séries télés à destination des téléphones mobiles. Le sujet me botte bien évidemment, mon boulot serait de faire des articles et retoucher des images. C'est situé dans un quartier chic de Paris, ok on voit la tour Eiffel de près mais autour y’a que des immeubles cossu, zéro commerces, et des bistrots à 25 euros le menu cheap. Un mannequin comme dans les magasins décore l’endroit (apparemment c’est tendance dans les agences fashion), je trouve ça super angoissant. Pas plus que le recruteur Jean Claude Dus un peu replet qui doit avoir à son actif plusieurs râteaux cabanes de jardin, et qui mate mes seins d’une manière assez gênante.
Lieu : 50 min de chez moi, trajet assez chiant, quartier prestigieux mais désert
Rémunération : 300 euros pour plus de 35h, soit 5% du loyer qu’ils doivent payer…radin !
En plus : Doit bien y avoir moyen de pécho des DVD de séries
Mon feeling : Je suis sure d’être prise, le recruteur, qui me tutoie et me vouvoie en même temps (tout en regardant mes seins, pas mal quand même) ne peut pas cacher son enthousiasme concernant mon impressionnant tour de poitrine CV. C’est donc mon stage de sauvetage au cas ou je ne sois pas prise ailleurs.
Entretien n°4
Retour dans l’agence n°1 pour voir le chef qui n’était pas là lors du 1er entretien, la liste des candidats a été écrémée, nous ne sommes plus que deux (tintintin). Cette fois j’ai des chaussures avec lesquelles je peux marcher, et j’ai mis ma cravate fétiche (je sais c’est plus la mode des cravates mais je les adore, que voulez-vous).Cette boîte est vraiment cool, mais je sais pourquoi je sens que ce stage va me passer sous le nez.
Entretien n°5
Assistante chef de projet multimédia dans le service communication interne de la Française des jeux. Un peu loin certes, mais le prestige de l’entreprise (et la rémunération hystérique) me pousse à envoyer mon CV. Surprise, je décroche un entretien. Le job est sympa, mortel à mettre sur un CV, très formateur et mes recruteurs sont hyper sympas et me donnent des conseils. Ce rêve Française des jeux je n’y crois pas, c’est merveilleux (attention quiz culture musicale inside). D’ailleurs puisque j’habite loin on me dit que si je suis prise « c’est pas grave si j’arrive vers 10h »…pour terminer à…17h ! Entretien qui me met le doute donc : avec un job sympa pareil de très peu d’heures, et une paye de ministre stagiaire, si je suis accepté, comment faire pour choisir ?
Lieu : 1h10 de chez moi mais il y a un monoprix à coté, et ce n’est pas négligeable pour une pauvre monop'addict comme moi.
Rémunération : 990 euros + carte orange + tickets restaurants *évanouissement*
En plus : L’immeuble est grand et moderne sans être démesuré, il y a une grande cafétéria éclairée avec micro ondes et frigo, et un distributeur gratos de café et de thé (ouais ça c’est mon coté « j’essaye de faire le régime de Jean-michel Cohen au bureau » qui parle).
Mon feeling : je veux je veux je veux !
Epilogue
Vous vous demandez finalement, bande de fifrelins, mais où donc Lulla va passer les 6 prochains mois de sa vie à temps complet ?
Qui a osé l’accepter dans sa team professionnelle ? Après un refus fracassant et impersonnel de la FDJ qui a choisi l’autre candidat qui jouait plus à l’euromillions, c’est l’agence n°1 qui, ayant compris son potentiel de blogueuse, accueillera Lulla dès lundi en son sein. En parlant de nichons, le recruteur du stage n°3 malgré son intelligence d’avoir accepté votre bloggueuse préférée a du se manger un gros vent inattendu. Point besoin donc de porter une burka pour aller stager, c’est une bonne nouvelle.
J’ai finalement réussi à me dégotter un stage bien payé et qui me plaît, des fois je m’aime c’est fou. Note pour plus tard: Elodie ton intuition pue.
19:55 Publié dans Ma vie de merde | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note




